La science est pourtant formelle : tant que l'humanité consommera autant d'énergies fossiles, l'atteinte du "net zero" restera un vœu pieux.

Organisée dans un Brésil engagé massivement dans la lutte contre la déforestation tout en misant sur l'augmentation de ses revenus pétroliers avec de nouveaux forages pour investir dans les énergies renouvelables, la COP30 partait sur des bases pour le moins contestables. La suite a démontré que ses résultats sont en demi-teinte.

Malgré l'urgence climatique et le fait que les énergies fossiles soient la principale cause du réchauffement, la COP30 n'a pas réussi à mettre en place un plan concret pour leur abandon progressif. Cet échec est le résultat d'atermoiements et de la forte résistance de plusieurs nations.

Le texte politique principal de la conférence, baptisé « Mutirao », n'a pas inclus de feuille de route pour organiser la sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz. Pire, ce texte ne contient même pas les termes « combustibles fossiles ».

L'Union européenne (UE), qui avait fait des fossiles sa priorité et qui a même menacé de quitter les négociations sans un engagement plus ferme, s'est heurtée à la résistance habituelle des pays pétroliers, menés par l'Arabie saoudite, ainsi qu'à celle de grands émergents comme l'Inde et la Russie.

Le seul élément conservé a été une simple « référence au consensus des Emirats arabes unis » (COP28), réaffirmant un engagement à une « transition hors des énergies fossiles » qui ne constitue en rien un progrès.

Ces résultats ont été jugés sans ambition aussi bien par la ministre française de la transition écologique que par des organisations de la société civile. Ils montrent que la conférence n'a guère répondu au manque d'ambition des feuilles de route climatiques nationales (NDC), qui mènent la planète vers un réchauffement dangereux de 2,5°C d'ici à 2100.

Face à l'impossibilité de s'accorder sur des efforts d'atténuation drastiques, le multilatéralisme a peut-être été sauvé, mais en sacrifiant l'urgence climatique.

Le principal progrès annoncé est le triplement du fonds dédié à l'adaptation pour "les pays du Sud", c'est à dire la mobilisation de 120 milliards de dollars par an d'ici 2030, au lieu de 40. Hélas, si les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre tardent à porter leurs fruits, le changement climatique sera d'autant plus intense. Inévitablement, le coût de l'adaptation va exploser. Il faudra même abandonner certaines zones, l'adaptation n'étant plus une question de coût. C'est déjà le cas pour certaines îles du Pacifique qui programment d'ores et déjà l'abandon du territoire menacé par la montée des eaux.