Décrocher le drapeau européen des mairies est un geste démagogique qui confond le symbole et la réalité, nourrissant la précarité qu’il prétend combattre. L’Union européenne est une source vitale de ressources : la Politique Agricole Commune (PAC) octroie chaque année plus de 9,4 milliards d’euros aux agriculteurs français, un soutien indispensable à leurs revenus et à la transition écologique. L'Europe, c'est nous : la désigner comme l’ennemi revient à sacrifier ces ressources massives.

Au-delà des aides, l’Europe est notre principal débouché : près de 70 % des exportations agroalimentaires françaises sont destinées au marché unique. S’isoler, c’est condamner nos filières d’excellence. Si nos normes protègent la qualité, nous appelons toutefois à impérativement éviter toute surtransposition des directives européennes. La France ne doit pas ajouter de contraintes nationales supplémentaires qui pèsent sur la compétitivité de nos paysans.

Face aux puissances chinoise ou américaine, seule l’action collective permet d'être fort lors des négociations. L'Europe doit continuer d’imposer des standards écologiques et des « clauses miroirs » strictes, notamment face au Mercosur, pour bannir la concurrence déloyale. Ces transformations se gagnent par la négociation, non par des réactions épidermiques.

« En Commun ! » défend une Europe solidaire et refuse que l'on fragilise les outils de soutien des agriculteurs. Nous appelons les élus locaux à la responsabilité : ne sacrifiez pas notre souveraineté alimentaire pour des postures. Décrocher un drapeau ne règle rien, comme le constatent amèrement les Britanniques.
Alors que le président Trump envisage l'annexion du Groenland, et que l'Europe se dresse contre cette attaque inacceptable, il est impératif de mener bataille, et hors de question de baisser drapeau, au sens propre comme au sens figuré.
Transformons la colère en ambition politique constructive et unissons nos forces dans la diversité, comme le symbolise le drapeau européen sur nos façades.