Grand plan d’électrification du Gouvernement : Un cap nécessaire, des méthodes à clarifier

En Commun! salue l'ambition affichée par le Gouvernement dans son "grand plan d’électrification" annoncé ce week-end.

 

En Commun! est satisfait de voir que certaines de ses propositions évoquées à l'occasion de l’adoption de la PPE 3 constituent désormais le socle de la stratégie nationale. On peut citer l'augmentation du budget d'investissements publics, la relance du leasing social pour la mobilité, ou l'instauration de critères de résilience industrielle pour les batteries. Ce basculement vers un mix décarboné à 60 % d'ici 2030 est une étape cruciale pour notre indépendance énergétique.

 

Toutefois, cette transition ne doit pas se faire au prix de l'opacité ou d'angles morts stratégiques. En Commun! exprime des réserves sur trois points :

 

  1. 1) L’opacité des CEE : Le recours massif aux Certificats d’Économie d’Énergie pose un réel problème de transparence budgétaire. Ce dispositif, financé par les factures des Français, échappe encore trop au contrôle parlementaire. En Commun! appelle à une meilleure lisibilité et gouvernance de ces fonds au budget, pour garantir une évaluation rigoureuse de leur efficacité.

 

  1. 2) Le potentiel sacrifié du biogaz : Décréter la fin généralisée du gaz est une erreur de lecture qui néglige la filière biogaz. Nous refusons de voir nos réseaux de transport et de distribution — un patrimoine industriel de haute technicité — délaissés alors qu’ils sont prêts à accueillir les gaz verts de demain.

 

  1. 3) L'oubli du monde agricole : Nous déplorons que ce plan ignore le secteur agricole, pourtant acteur clé de la transition. L'agriculture est une solution : elle participe à la production d'électricité et de biogaz, mais elle doit aussi être accompagnée dans sa propre électrification. Cela concerne tant le renouvellement des machines agricoles que la production locale d'engrais décarbonés grâce à l'hydrogène vert.

 

Pour En Commun!, l'électrification doit être un levier d'inclusion et de pragmatisme, et non le prétexte à une planification qui ignorerait la richesse de nos réseaux, la réalité de nos agriculteurs et la clarté de nos comptes publics. Ce plan en appelle un autre sur la sobriété pour mieux nous libérer des injonctions à surconsommer.


Source officielle : Discours du PM