" La France traverse une crise politique, démocratique et sociale profonde. Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, notre pays est confronté à une situation d’instabilité durable qui révèle les limites de nos institutions et l’incapacité des forces politiques à construire les compromis nécessaires à l’action publique.
L’Assemblée nationale issue des dernières élections est fragmentée en trois blocs antagonistes qui peinent à dégager des majorités de projet. Les formations politiques se replient sur elles-mêmes, privilégiant les postures et les stratégies partisanes au détriment de la recherche de solutions communes. Ce sentiment croissant d’impuissance politique nourrit chez nos concitoyens la défiance envers les institutions, les partis politiques et la parole publique; défiance qui atteint un niveau préoccupant. La hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès aux services publics, les fractures territoriales, le sentiment d’injustice sociale alimentent une colère qui fragilise notre pacte républicain.
Cette situation profite avant tout aux forces politiques les plus radicales, les plus populistes et les plus extrémistes. En exploitant les peurs, les frustrations et les divisions, elles occupent désormais une place centrale dans le débat public. Le risque de voir notre pays basculer vers une gouvernance d’extrême droite n’est plus une hypothèse théorique ; il constitue une menace réelle pour les valeurs démocratiques, républicaines et humanistes qui fondent notre vivre-ensemble.
Dans ce contexte, les outrances, les polarisations permanentes et les stratégies de confrontation systématique contribuent également à affaiblir la crédibilité d'une alternative progressiste, réaliste, écologique et humaniste. Une partie de la gauche s'est enfermée dans une logique de conflictualité permanente qui éloigne une large part des citoyens et rend plus difficile la construction d'un rassemblement capable de répondre aux attentes du pays.
Pourtant, les défis auxquels nous sommes confrontés n'ont jamais été aussi importants. La transition écologique exige des transformations profondes de notre modèle de développement. Les mutations économiques et technologiques bouleversent le travail, la production et les solidarités. Les tensions géopolitiques remettent en cause les équilibres internationaux sur lesquels reposaient notre sécurité et notre prospérité.
Face à ces défis, nous constatons également l'affaiblissement progressif de l'action publique. L'État apparaît souvent trop centralisé pour répondre efficacement aux réalités locales, tandis que les collectivités territoriales ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour agir. La décentralisation comme la déconcentration des services de l'Etat restent inachevées et la capacité d'initiative des territoires demeure insuffisamment reconnue.
À l'échelle internationale, les menaces contre la démocratie, l'État de droit et la paix se multiplient. Les dérives autoritaires, les politiques nationalistes et les campagnes de désinformation menées par certaines puissances étrangères fragilisent les sociétés démocratiques et favorisent l'émergence de mouvements extrémistes. Les agressions militaires menées contre des peuples souverains, les violations répétées du droit international et les atteintes aux libertés fondamentales constituent autant de dangers pour la stabilité mondiale.
Nous condamnons avec la même fermeté les politiques de domination et de violence qui frappent les populations civiles, qu'elles soient menées en Ukraine, à Gaza, au Liban ou ailleurs. Nous affirmons également notre solidarité avec celles et ceux qui, partout dans le monde, luttent pour la démocratie, les libertés fondamentales, l'égalité entre les femmes et les hommes et le respect de la dignité humaine.
Enfin, alors même que l'urgence climatique s'impose chaque année davantage, nous assistons à des reculs préoccupants dans les engagements internationaux en faveur de la transition écologique. Le dérèglement climatique, l'effondrement de la biodiversité et la raréfaction des ressources naturelles constituent pourtant des menaces existentielles qui exigent coopération, responsabilité et vision de long terme.
Face à cette accumulation de crises, notre pays a besoin d'une nouvelle espérance collective. Il a besoin d'une force politique capable de réconcilier justice sociale, transition écologique, efficacité économique, démocratie et humanisme. Il a besoin d'un projet qui rassemble plutôt qu'il ne divise, qui protège sans exclure et qui redonne aux citoyens le pouvoir d'agir sur leur avenir. En Commun! est au travail et continue de créer les ponts nécessaires à l’émergence d'une force politique digne des enjeux que notre pays doit affronter"
Cécile Rilhac.