Madame la Présidente, madame la ministre, monsieur le président de la commission, monsieur le rapporteur général, chers collègues, allons à l'essentiel. On le sait tous ici, contrairement au budget de la Sécurité Sociale, aucune équation ne permet un vote majoritaire sur ce budget, et je le regrette.
Le gouvernement doit prendre la responsabilité d'actionner un 49.3, même si je le déplore. Bien entendu, les propositions parlementaires doivent figurer dans la copie proposée par le gouvernement au titre de ce 49.3. C'est donc une copie négociée à laquelle il nous faut parvenir très vite, de façon à ce qu'enfin la France dispose de ce budget pour 2026. L'incertitude ralentit l'activité économique qui connaît un très net coup de frein. Ne perdons pas de temps, travaillons vite et bien dans les prochains jours pour parvenir à ce compromis. C'est la voie la plus raisonnable aujourd'hui et l'intérêt de notre pays. Naturellement, nous avons tous des priorités et j'en ai moi même plusieurs clairement définies sur les recettes. Je reste vigilante sur deux points. D'une part, la justice fiscale, notamment à travers la taxation des holding patrimonial et d'autre part, le recentrage des niches fiscales comme le crédit d'impôt recherche.
En revanche, je maintiens, madame la ministre, mon opposition à la suppression de la CVAE, surtout dans le contexte actuel de nos finances publiques. Côté dépenses. Mon attention se porte sur certains enjeux qui sont aussi des priorités pour le département de Maine et Loire le financement des universités, le respect des engagements envers les chambres de commerce et d'industrie et les chambres des métiers et de l'artisanat. Les moyens pour les mesures agricoles et viticoles, la préservation des crédits dédiés à l'insertion par l'activité économique, aux missions locales et à l'Economie Sociale et Solidaire. Je considère, chers collègues, qu'il s'agit d'un investissement social qu'il nous faut absolument tenir, d'autant plus qu'il est efficace. La transition écologique doit également rester une priorité budgétaire, notamment via les crédits consacrés à MaPrimeRénov et au Fonds vert. Essayons de faire en sorte aussi que l'exercice de compromis que nous menons laborieusement depuis plusieurs mois soit utile pour demain. Adopter un budget 2026 est extrêmement difficile, mais je considère qu'on va y arriver. Je suis d'un naturel optimisme.
Pardon, mais il nous faut déjà penser au suivant. Oui, je l'ose à 2027 qui devra être adopté en pleine campagne électorale présidentielle. Un contexte encore plus tendu à partir de l'expérience de cette année. Construisons une pratique, une méthode. Car vous le savez, la loi spéciale ne suffit pas. On ne peut pas laisser la France un mois, deux mois, six mois dans un no man's land budgétaire. La responsabilité qui est la nôtre est de dépasser les intérêts particuliers et ceux des partis politiques.
C'est l'intérêt de la France qui doit nous guider. Allons donc à l'essentiel aujourd'hui, mais demain aussi, visons l'efficacité. Faisons en sorte d'être à la hauteur du moment historique où nos démocraties sont attaquées par les impérialistes. Il est de notre responsabilité collective d'empêcher l'accès au pouvoir de ceux qui ont créé le Rassemblement national et le Front national, et qui, dans notre histoire, n'ont pas été du côté de la liberté, mais du côté de la collaboration, de la colonisation, de la colonisation et qui entretiennent toujours une relation ambiguë avec la Russie de Poutine et qui ont le soutien de Donald Trump.
Faisons en sorte d'être à la hauteur pour ne pas que l'histoire se répète, pour ne pas que la démocratie recule, pour se faire l'ensemble des républicains et des démocrates et en particulier les sociaux-démocrates auxquels j'appartiens, aux côtés de Bernard Cazeneuve, s'attaquent aux problèmes des Français. Un budget pour la France, une stratégie pour restaurer les finances publiques, une école qui forme les citoyens de demain. Une activité économique qui s'adapte au monde, qui innove. Une souveraineté réelle en matière agricole et énergétique. Une sécurité quotidienne et une justice pleinement assurée. Une Europe qui s'unit face aux désordres du monde et est capable de défendre ses valeurs, sa démocratie, son modèle social, sans naïveté, notamment en matière de défense militaire. Une transition écologique qui guide l'action publique et privée comme une solution d'avenir et pas comme une contrainte infranchissable. Le coût de l'inaction climatique est beaucoup plus lourd que celui de l'action. Bref, les Français ne veulent pas de l'extrême droite au pouvoir. Ils veulent des perspectives, un avenir, une stratégie pour réussir et ainsi une espérance retrouvée.
Soyons à la hauteur de l’histoire. Merci.
Intervention de Stelle Dupont à l'Assemblée Nationale